Azimut – Double DDH IPA

La région Bordelaise est réputée pour sa qualité de vie, son climat plus qu’agréable et évidemment son emplacement situé en plein coeur de la région viticole. Réputée à l’international pour ses nombreuses variétés de vin, la ville subit également un essor de la scène craftbeer avec des acteurs talentueux comme Effet Papillon (dont on vous parlera prochainement), Gasconha et celle qui nous intéresse aujourd’hui Azimut.

Azimut (espagnol acimut, de l’arabe al-Samt, le droit chemin) : Terme marin utilisé par les explorateurs, il définit l’angle dans le plan horizontal entre la direction d’un objet et une direction de référence.

Créée par Vincent (un québécois élevé à la Dieu du ciel, Unibroue et autres Boréale) et Paul (un graphiste en plein overdose numérique) en 2016 à Bordeaux, le binôme propose des recettes originales effarés par la pauvreté de l’offre française.

La jeune brasserie propose une gamme permanente (dite série « Océan » en référence aux artworks mettant en scène la faune marine) de 6 crafts. Retrouvez donc une belle carte new school avec une Pale Ale Française, une American Pale Ale, une American IPA, une Double DDH IPA, un Stout Avoine au Sorachi et une Blanche Lime & Basilic primée « Meilleure bière Dégustation » au Salon Planète Bière 2017 à Paris.

Mais Azimut, ce n’est pas que ça, c’est une philosophie de production qui consiste à faire découvrir à ses consommateurs des recettes toujours plus originales et conceptuelles. Appelées « Exploration » (toujours ce petit champ lexical de la mer), la brasserie Bordelaise joue la carte des concepts avec, en vrac, une Milky Porter, une Milkshake IPA Vanille, une Sour Poire Cannelle, une Sour au Basilic (si si vous avez bien lu), une New-England IPA et plus récemment une Oyster Stout.

Après cette brève présentation, on va commencer les reviews avec la Double DDH IPA qui m’a tapé dans l’oeil avec ses 8.3% et un beau 45 IBU. Avant de commencer la série, un gros merci à mon pote Fred de BlackBird pour la mise en relation avec Azimut.

Alors commençons par décrypter le style. On est sur une Double/Imperial IPA, c’est à dire qu’on va taper dans du lourd, du fruit, du corps. La mention DDH signifie que le produit a subit un double dry hop ou double houblonnage à cru. Pour les non-initiés à cette technique qui à le vent en poupe en ce moment notamment Outre-Atlantique avec les Hazy, New England (NE) et autres Vermont IPA, le procédé est assez simple. Deux étapes, un premier houblonnage à froid en fin de fermentation primaire et un deuxième houblonnage à froid en fermentation secondaire. En gros, le binôme a décidé de booster sa recette en ajoutant à différentes étapes du brassage du houblon frais à froid pour éviter à celui-ci de cuire et d’apporter de l’amertume, et pour amener des notes de fruits tropicaux (pour ceux que ça intéresse du houblon de type Mosaic a été utilisé).

Direction la dégustation. Le corps est étonnant, ambré (à l’image d’une Red IPA) suite à l’ajout d’un peu de malt-caramel, et orné d’un col blanc épais et appétissant. Dès l’ouverture, on capte des grosses notes de fruits tropicaux. Encore une fois, le houblon Mosaic a été utilisé à trois reprises pour cette recette donc on s’en doutait un peu mais c’est quand même très puissant et on retrouve un caractère très agréable d’une NEIPA, entre un sorbet et une bière. Le côté caramel-sucre est aussi présent, par petites touches, et on a l’impression déconcertante d’avoir ouvert une amber ale, fruitée et maltée, bref un joyeux bordel pour l’odorat mais qui donne sacrément envie.

Les premières gorgées sont plutôt jouissives. C’est très rares de trouver en France des recettes dans cet esprit new-school à l’américaine. C’est à la fois puissant et doux, fruité et caramélisé, houblonné et malté. Pour ceux qui connaissent un peu la scène UK, on a l’impression d’avoir entre les mains une Cloudwater un peu plus acqueuse. Le choix du houblon est top, le Mosaic d’origine américaine apporte une palette aromatique excellente avec à la fois des notes d’agrumes, de fruits tropicaux, de fruits rouges et des notes herbacées et de pin. En gros, c’est une explosion en bouche, l’alcool (quand même à 8.3%) est presque imperceptible, l’amertume du houblonnage est léger et bien équilibré avec l’ajout du sucre et du fruit issu du double dry hop.

En conclusion Azimut s’inscrit dans la liste des jeunes brasseries françaises à suivre. La notoriété du duo Bordelais n’est plus à faire et les jeunes brasseurs sont souvent cités aux côtés d’acteurs comme la Débauche ou encore Mont-Salève. Cette DDH IPA est une réelle bonne surprise, un excellent compromis entre une Anglaise ou une Américain new-school et une belge caramélisée. Hâte de découvrir la suite de la gamme.

 

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